| L'Alsace du 15/09/04 |
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Le vignoble alsacien profite du beau temps et attend une belle récolte. Mais les viticulteurs s'inquiètent de la progression de certaines maladies du bois.
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Photo : Denis Ritzenthaler
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« L'optimisme est de rigueur », a déclaré hier à Colmar, lors de l'assemblée générale de prévendanges, Gérard Boesch, président de l'Association des viticulteurs d'Alsace, l'AVA. « Les conditions climatiques très favorables que nous connaissons depuis le début du mois laissent espérer un millésime 2004 très satisfaisant aussi bien en qualité qu'en quantité », a précisé Jean-Louis Vézien, directeur du Conseil interprofessionnel des vins d'Alsace, le CIVA. L'évolution de la maturation du raisin et l'équilibre sucre et acidité annoncent un vin de garde, a d'ailleurs confirmé Éric Meistermann du Centre Technique de la Vigne et du Vin de Colmar. Le responsable de l'ITV a lui aussi souligné le bon état sanitaire du vignoble, constaté une hétérogénéité liée principalement à la charge de certaines vignes. « Notre travail consiste à faire le tour de nos vignes pour couper les raisins altérés par l'oïdium ; il y a une grosse récolte dehors », a osé dire Raymond Baltenweck qui est désormais remplacé par Yves Dietrich au comité national de l'Institut national des appellations d'origine.
Les cours en hausse
Les vendanges 2004 démarrent le 20 septembre pour le crémant, le 30 septembre pour les cépages auxerrois, muscat et pinot noir, le 4 octobre pour les sylvaners, chasselas, pinots blancs, rieslings et le 11 octobre pour les gewurztraminers. Les vendanges tardives seront récoltées quinze jours plus tard. Le prix de base du kilo de raisin pour le cépage riesling, soit 1,23 €, et tokay pinot gris, soit 1,71 €, est augmenté de 2,5 %. Pour les autres cépages, les prix restent inchangés. Ces tarifs sont majorés ou minorés notamment en fonction des degrés en alcool probables. Le salaire horaire des vendangeurs coupeurs proposé s'élève à 7,61 €, celui des porteurs à 7,71 €. L'assemblée générale a rappelé que l'embauche de vendangeurs polonais n'est pas possible avant 2007 sauf si les formalités nécessaires à l'introduction de travailleurs étrangers non ressortissants de l'Union Européenne ont été effectuées.
Les maladies du bois
Mais hier, ce ne sont pas les difficultés liées au marché des vins qui préoccupaient le plus la profession. Yves Dietrich, secrétaire général de l'AVA, a fait part de l'inquiétude qui suscite les maladies du bois. Sur certaines parcelles, 15 % des ceps sont morts. Dans la région, en moyenne, 2 % des pieds de vigne sont à changer. Esca, eutypiose, Black Dead Arm… Ces maladies du bois encore mal connues et difficiles à cerner sont en effet en progression dans un grand nombre de vignobles, a signalé Philippe Kuntzmann de l'ITV. « Nous voulons booster les recherches. Il est nécessaire, quitte à mettre la main à la poche, qu'un chercheur suive ce dossier pour la région parce que le potentiel de vieillissement de nos vignes est en jeu », ont expliqué les professionnels alsaciens qui justifiaient du même coup le maintien du Centre Technique de la Vigne et du Vin à Colmar.
Denis Ritzenthaler
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