
Au salon des vignerons indépendants de Strasbourg, beaucoup d’amateurs de vins viennent d’Allemagne pour regarnir leur cave. Des acheteurs particuliers qui disposent généralement d’un bon pouvoir d’achat. Ainsi, parmi les multiples salons des vignerons indépendants de l’Hexagone, à Lyon, Bordeaux, Paris, Lille, Rennes ou Reims, le salon de Strasbourg reste celui où le budget moyen de dépenses en vins par visiteur est le plus élevé. Les vignerons indépendants l’ont bien compris, mais les places sont toujours limitées, 530 exposants cette année. Et plusieurs centaines d’autres vignerons doivent essuyer un refus de la part de l’organisateur, le Mouvement des Vignerons indépendants de France. “Nous sommes arrivés à saturation et nous attendons avec impatience le nouveau parc des expositions”, explique Florence Corre, directrice de la communication et du développement. Les capacités d’accueil du site du Wacken ne peuvent admettre plus d’exposants et de visiteurs, explique-t-elle.
Pas d’attitude “anthropophage”53 000 visiteurs dont 30 % d’Allemands ont ainsi arpenté les allées du Wacken durant ces quatre jours, du vendredi 15 au lundi 18 février. Cela dit, malgré leur extraordinaire succès, “ces salons ne sont pas une fin en soi”, pour les Vignerons indépendants et il ne s’agirait pas de dédoubler ce salon de Strasbourg, explique Florence Corre. “La zone de chalandise est bien couverte, un seul salon bien représentatif de la profession suffit parce que nous ne voulons pas adopter d’attitude “anthropophage”. Nous voulons respecter les autres salons viniques de la région”, ajoute-t-elle.
L’objectif premier du Mouvement des vignerons indépendants de France reste de servir la profession et d’aider les vignerons dans leur politique commerciale en général : “Ces salons se destinent normalement aux particuliers. Ils ne constituent pas la formule de commercialisation la mieux adaptée à toutes les entreprises. Nous proposons d’autres voies de commercialisation à destination des cavistes, des restaurateurs et de la grande distribution.”
Pour cette quinzième édition, exposants et visiteurs ont néanmoins disposé d’un nouveau comptoir. En forme de haricot, il optimise l’espace et permet au vigneron d’avoir face à lui des dégustateurs plus à l’aise. Etaient également installées de nouvelles enseignes, l’ensemble donnant un sentiment de plus grande clarté. En bout d’allée, des messages et des astuces pour mieux déguster sont désormais affichés. Enfin, les organisateurs proposent des “alcoobornes”. En soufflant dans l’appareil, le dégustateur est immédiatement informé de son alcoolémie.
D. L.