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Le tokay retourne en Hongrie, bonjour le pinot gris

04-05-04 PINOT GRIS 005 copie_1.jpgUn peu d'histoire…
Selon la légende, en 1565, le baron Lazare de Schwendi rapporte de Tokaj — au Nord-Est de la Hongrie où il vient de combattre les Turcs — des plants de cépage. Il ordonne la multiplication de ces plants sur ses terres de Kientzheim. En réalité, les plants de vigne du pinot gris proviennent de Bourgogne, où il est appelé pinot beurot. Jusqu'au début des années 1980, les vins d'Alsace issus du pinot gris étaient commercialisés sous la dénomination « Tokay d'Alsace ».

En 1984, suite à une plainte hongroise devant la Commission européenne, les Alsaciens sont contraints de rebaptiser leur cépage « pinot gris » mais disposent d'une période transitoire durant laquelle ils peuvent utiliser la mention « tokay pinot gris ».

1er avril 2007 : Fin de la période transitoire. Les vins au départ de la propriété ne peuvent plus porter sur l'étiquette que la mention de cépage  « pinot gris ».

 
Une cérémonie de restitution symbolique 
Toute symbolique, la cérémonie de restitution du « Tokay » à la Hongrie, à l'ambassade parisienne de ce pays, n'en fut pas moins solennelle. Mais la rencontre, sous les ors d'un hôtel particulier du XVIe arrondissement, de deux ambassadeurs, celui de la Hongrie en France, André Erdös, et celle des vins d'Alsace, la reine Sophie Schutz, fut également plaisante. Les Hongrois attendaient ce moment depuis plus de 20 ans. « L'appellation Tokay, Tokaji en hongrois, est très importante pour nous, a expliqué l'ambassadeur, parce qu'elle fait partie de l'histoire de notre pays et qu'elle a fait beaucoup pour sa réputation. »

« Des racines très profondes »
Côté alsacien, Jean-Luc Sadorge, de la direction Agriculture à la Région, qui représentait Adrien Zeller, s'est montré beau joueur. « Nous n'avons pas à discuter cet accord mais à l'appuyer. La France connaît depuis longtemps les Appellations d'Origine et leur importance. » Même fair-play, teinté d'humour, affiché par le président du Comité interprofessionnel des vins d'Alsace, Georges Wespiser : « Vous pouvez rassurer les producteurs hongrois pour ce qui est de la non-utilisation de la dénomination, mais la légende a, elle, des racines très profondes. » Quant aux amateurs du cépage alsacien, qu'ils ne s'inquiètent pas : « Le contenu des bouteilles sera toujours le même ! » Aujourd'hui propriétaire de ce qui fut jadis le château du baron Lazare de Schwendi (l'importateur du tokay, selon la légende), la confrérie Saint-Etienne participa, elle aussi, à la cérémonie. L'ambassadeur hongrois reçut ainsi des mains d'Erwin Moser, une des dernières bouteilles portant l'appellation « Tokay ». Un millésime 1983, qui, promit-il, « ne connaîtra jamais de consommateur ».

J.-C.C.

L'Alsace (17/10/2006)

Lire aussi : L'abandon du terme "Tokay" en Alsace



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