Le grand bretzel d'or, distinction attribuée à ceux qui enrichissent l’Alsace par leurs talents, a été remis cette année à la confrérie Saint-Etienne d'Alsace, installée au château Schwendi à Kientzheim. Une reconnaissance du travail accompli pour promouvoir les vins d'Alsace. 
Si la désignation, en tant que lauréat du grand bretzel d'or, a été une grande surprise pour la confrérie Saint-Etienne d'Alsace, elle apparaît aussi comme la reconnaissance de l'immense travail accompli en faveur de la promotion des vins, « de tous les vins d'Alsace, qu'ils soient du Haut-Rhin ou du Bas-Rhin », expliquent d'une même voix Edouard Leiber (en photo ci-contre), grand maître 2006 de la confrérie Saint-Etienne et Jean Richardin, son délégué général. « C'est aussi une distinction qui récompense l'oeuvre de toute la profession viticole ».
Une institution non officielle et neutre
Qui incarne le mieux, « en tant qu'institution non officielle et neutre, la profession que la confrérie Saint-Etienne ? ». Pour Edouard Leiber, grand maître depuis mars 2006, « notre façon de promouvoir le vin d'Alsace, par des bonnes choses et dans une bonne ambiance, entre parfaitement dans la logique de l'Institut des arts et traditions populaires d'Alsace. Le grand bretzel d'or est aussi une façon de dire au monde du vin, diabolisé parfois, que le travail réalisé est reconnu. Et qu'on ne prône pas la consommation à outrance, voire l'addiction. La décoration que nous allons recevoir le 21 octobre à Saint-Louis honore l'Alsace toute entière ». Ce haut-lieu des vins d'Alsace qu'est la confrérie Saint-Etienne sait, mieux que quiconque, se servir de son outil qu'est le château Schwendi, pour promouvoir viticulture et gastronomie. Plusieurs fois dans l'année, elle y tient des chapitres, au cours desquels elle intronise un certain nombre de confrères, qu'ils soient apprenti, compagnon, maître, sénéchal, vigneron, xénophile ou d'honneur. Mais toujours selon les conditions imposées par l'article 1 du règlement de 1561: aimer la joie, la bonne chère et les vins d'Alsace. Dégustation et intronisation sont suivis d'un dîner concocté par des chefs réputés de la région, à l'image de celui préparé sur le thème du cinéma par Didier Lefeuvre, du Château d'Isenbourg à Rouffach en septembre ou celui, sur le thème du cabaret, que réalisera Philippe Gaertner, des Armes de France d'Ammerschwihr le 27 novembre prochain. En juin, des Vikings s'étaient lancés à la conquête du château de la confrérie : le dîner avait été élaboré par Jan Billing, du Varsbergs Stadshotell, en Suède ; celui, autour des fromages, le 23 septembre, par Jean-Luc Brendel, de la Table du gourmet à Riquewihr.
1000 bouteilles aux enchères
Des dégustations sont également proposées tout au long de l'année et le 29 octobre, la confrérie a programmé une vente aux enchères tout à fait exceptionnelle : elle mettra en vente près de 1000 bouteilles de sa collection de vins d'Alsace, « du mythique millésime 1953 aux vins issus des trois glorieuses qu'étaient les années 1988, 1989 et 1990 ». Cette vente sera doublée d'une dégustation musicale proposée par les jeunes Voix du Rhin. De quoi mettre ses cinq sens en éveil.
Nicole Grentzinger
L'Alsace (20/10/2006)