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Vignes vivantes

Mieux comprendre sa terre et son vignoble pour être en mesure de décider à bon escient, tel devrait être l'objectif de tout vigneron. Sa force en tout cas est bien cette terre qu'il travaille, héritée des générations antérieures. Son identité réside dans cette "accumulation" d'expérience et le soin apporté à écouter et à scruter la terre afin qu'elle donne le meilleur d'elle-même à la vigne et aux crus.Vignes_vivantes.jpg

Dans un monde où les consommateurs n'ont plus envie d'être considérés comme des anonymes parmi la foule mais bien des personnes uniques aux goûts et désirs spécifiques, le vigneron peut ambitionner d'offrir des vins qu'on ne pourra reproduire nulle part ailleurs, des crus exclusifs parce qu'issus d'une terre vivante elle aussi non reproductible.

Jean Dirler (Bergholtz) et Yves Gassmann (Rorschwihr), tout jeunes vignerons, ont cette certitude chevillée au corps. Ce qui leur fait dire sans hésiter que "le vin naît à la vigne. Les racines de la plante exploitent plus volontiers un sol vivant et aéré et vont plus loin pour se nourrir. Les vins qui en seront issus exprimeront davantage ce terroir. Tout l'avenir est là. Le consommateur doit savoir qu'il peut retrouver tel goût en venant acheter ses vins sur un terroir précis. S'il va en Nouvelle-Zélande, il n'aura qu'un seul riesling exprimant le fruit et des arômes caramélisés. Au sein de cette concurrence mondiale, l'identité de nos cépages n'ont aucune chance", affirment ainsi les deux vignerons.

Comprendre la vie du sol
Toujours en quête d'amélioration de leurs crus, ils se sont lancés dans l'aventure de Vignes Vivantes initiée par André Ostertag et Jean Schaetzel en 1997. Avec eux, près d'une soixantaine de vignerons (négociants et coopératives) tentent de mieux cerner les terroirs d'Alsace. "Au fil de nos formations, nous nous sommes rendus compte que les seules analyses quantitatives des matières organiques du sol se révélaient insuffisantes. Cela ne nous permettait pas de comprendre la vie du sol, de nous y adapter et d'accorder une expression maximum de la plante", se souvient Jean Dirler.

La démarche de Vignes Vivantes refuse de globaliser toutes les données sur les sols selon des références identiques pour tous les terroirs et préfère analyser chaque type qui fonctionne en relation avec un climat, avec un environnement particulier en surface et en sous-sol. Du nord au sud du vignoble des échantillons sont ainsi prélevés puis analysés dans le laboratoire bourguignon du Gest (association d'analyses des terroirs partenaires de Vignes Vivantes). Une formidable banque de données se trouve ainsi en devenir. Mais la réflexion dépasse le cadre intellectuel et vise surtout à mettre en place des solutions concrètes. C'est fort logiquement que les membres de Vignes vivantes ont trouvé avec le compost une réponse au traitement des terroirs. Après deux ans, des ébauches de réponses ont été détectées telles que l'importance du fer comme lien entre les deux mondes - organique et minéral - qui constituent le sol, l'importance de l'humus fugitif ou le potentiel de fixation du sol. "Cette capacité variable du sol à fixer les éléments nous a amené à moduler l'apport de compost, par exemple."

Un travail d'échanges
Jean Dirler et Yves Gassmann savent de quoi ils parlent puisqu'ils sont chargés d'élaborer ces composts. Et là aussi ce travail est le produit d'une attention régulière. "Nous voulons contrôler les matières premières et ne pas hériter de fumiers d'élevages industriels. C'est la même logique que celle du vin. Il faut des raisins d'excellentes qualités pour avoir de bons crus". Vignes Vivantes a ainsi élaboré un cahier des charges pour ses fournisseurs dont les apports au compost sont payés. Une manière d'exiger la qualité. Pas question donc d'intégrer trop de résineux, source de tanins et difficilement dégradables par la fleur du sol, trop de marc et encore moins des boues des stations d'épuration. "C'est un travail délicat qui nécessite du temps et surtout d'unir nos connaissances", affirme Yves Gassmann.

Ce partage de connaissances se veut aussi au cœur d'une association telle que Vignes Vivantes. "Nous n'attendons pas d'une formation qu'elle comble automatiquement nos lacunes mais qu'elle suscite en nous des questions. C'est cela qui nous fait avancer". D'ailleurs, les deux jeunes hommes ne sont pas toujours d'accord et revendiquent pouvoir exprimer leurs différences au sein de l'association. "Nous ne sommes pas une secte", soulignent-ils en souriant. En revanche, la mise en commun d'informations entre viticulteurs leur semble une source d'ouverture certaine. "C'est toujours l'occasion d'un véritable brassage d'idées. C'est à travers l'intervention de professionnels d'autres régions que l'on détaille le mieux les typicités de nos propres terroirs. Tout ce travail d'échange doit entre autres favoriser à plus long terme la spécialisation des composts. Parce que la gestion d'un terroir ne peut se faire qu'avec du temps".

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